Q. Qui est votre apprenant ?
Ruby, c'est ma chienne croisée d'un an et de 30 livres, adoptée en refuge ! Nous l'avons adoptée auprès de Wright Way Rescue, à Chicago, en mars 2025. Le refuge pensait qu'il s'agissait d'un croisement Boston terrier/corgi. Comme j'adore les Boston et que ma fille est passionnée de corgis, j'ai roulé neuf heures et franchi une frontière internationale pour la ramener chez nous, au Canada. Elle est pleine d'énergie, incroyablement intelligente et elle a beaucoup de choses à dire !

Q. Combien de temps a-t-il fallu à Ruby pour appuyer sur son premier bouton ?
Il m'a fallu quelques semaines pour comprendre ce que je faisais de travers ! J'ai commencé avec des mots « utiles » comme « Dehors » et « Aide » pour un chiot de 4 mois… en plein mois d'avril canadien, dans le froid. Elle n'y montrait aucun intérêt. Dès que je suis passée à des mots qui la motivaient vraiment (en particulier « Kong », « Jouer » et « Caresses »), le déclic a été presque immédiat. Elle m'a prouvé qu'il faut commencer par ce qu'ils aiment.

Q. Qu'est-ce que les boutons vous ont appris sur Ruby que vous n'auriez pas su sans eux ?
Son profond besoin de lien. L'autre jour, elle a appuyé sur « Parc à chiens » et « Promenade ». Je partais pour une intervention de recherche et sauvetage. Je lui ai donc expliqué : « Pas de parc à chiens pour l'instant », puis je lui ai fait quelques caresses de consolation avant de partir. Alors que je m'éloignais, elle est retournée directement à son tableau et a appuyé sur « Encore Caresses ». Ce n'était pas une négociation. Elle avait clairement compris le « non » à une chose, puis elle exprimait magnifiquement qu'elle voulait toujours créer un lien avec moi d'une autre façon. C'était un moment d'échange incroyablement affectueux, dans les deux sens.
Q. Que faites-vous pour que les boutons restent une expérience stimulante et positive pour Ruby au fil du temps ?
Ma principale stratégie est de laisser Ruby mener. Je suis très attentive à ce qu'elle essaie de communiquer et j'ajoute de nouveaux mots selon ses besoins. Par exemple, j'ai ajouté « Aide » quand je me suis rendu compte qu'elle utilisait « Veux Kong » pour plusieurs choses. Je modélise aussi régulièrement de nouveaux mots (« Je t'aime » est notre projet du moment !) pour lui montrer que son tableau peut évoluer avec elle. Tant que c'est un outil qui l'aide à répondre à ses besoins, elle reste incroyablement investie.

Q. Quel est votre moment le plus drôle avec les boutons ?
Les « textos indésirables » que je reçois sur mon téléphone ! Comme nous avons le système FluentPet Connect, je reçois des notifications. Hier, environ cinq minutes après notre départ de la maison, mon téléphone s'est mis à vibrer sans arrêt avec ce « texto » de sa part : Aide Maman Promenade Lit Kong Plus tard Os Kong Parc à chiens Cherche Lit Jouet Jouet Tirer Tirer Tirer Tirer Tirer Jouet Jouet Jouet Jouet Jouet Jouet Tirer Tirer Tirer Encore Eau. Dans la communauté AIC (communication augmentative interespèces), on compare souvent cela à un tout-petit qui apprend à parler. On vit des moments incroyables de clarté totale, mêlés à des moments d'expérimentation chaotique et merveilleuse !

Envie des mêmes boutons que Ruby ?
Elle utilise des FluentPet Connect Buttons avec des HexTiles.

Q. Quel est votre moment le plus surprenant avec les boutons ?
Sans hésiter, celui qui est récemment devenu viral. Je n'étais pas à la maison et j'ai reçu une alerte de l'application Connect : « Aide Veux Maman Kong ». J'ai tout de suite consulté nos caméras, actives 24/7, et les images m'ont brisé le cœur. La voir associer aussi clairement ces concepts pour m'« appeler » à l'aide alors qu'elle était seule et en détresse… Je n'étais absolument pas préparée à une telle clarté émotionnelle. C'était bouleversant.
Q. Quelles difficultés avez-vous rencontrées dans l'apprentissage des boutons ?
Ma plus grande difficulté a été ma propre impatience au début ! J'ai commencé avec des mots abstraits et « utiles » comme « Aide » et « Dehors », et je ne comprenais pas pourquoi le déclic ne se faisait pas. Le problème ne venait pas d'elle, mais de moi. J'ai dû apprendre à voir le monde de son point de vue et à faire passer ses motivations avant les miennes. Une fois ce changement opéré, la « difficulté » a disparu.

Q. Comment décidez-vous du moment d'introduire un nouveau mot pour Ruby ?
C'est un équilibre entre un plan à long terme et le fait de laisser Ruby mener. Quand je parle avec Ruby, j'essaie de m'en tenir à un vocabulaire réfléchi et choisi avec soin, pour la mettre en situation de réussite et l'aider le plus possible à comprendre les mots à venir. Mais je reste toujours à l'écoute. Mon meilleur exemple, c'est le bouton « Aide ». Pendant des semaines, elle appuyait sur « Veux Kong » pour dire trois choses différentes : « Je veux un Kong », « Je veux un Kong plus appétissant » et « Mon Kong est coincé sous le canapé ». En ajoutant « Aide », je lui ai donné un outil pour être plus précise. Maintenant, elle a commencé à appuyer sur « Kong Aide », et je sais exactement ce dont elle a besoin. J'attends qu'elle me montre clairement un « manque » dans son vocabulaire, puis j'essaie de le combler.
Q. Comment les boutons ont-ils changé votre relation avec Ruby ?
C'est un peu cliché, mais ils ont fait de notre devise, « C'est une chienne qui apprend à parler. Je suis son humaine qui apprend à écouter », une réalité quotidienne. J'ai l'impression d'avoir une fenêtre sur son monde intérieur. Je n'« aime » pas simplement ma chienne. Je la comprends à un niveau que je n'aurais jamais cru possible. C'est un lien incroyable, dans les deux sens, qui va bien au-delà de « assis » et « reste ».
Q. Quels conseils donneriez-vous à ceux qui souhaitent apprendre à leurs apprenants à utiliser des boutons ?
Mon principal conseil pour les « curieux des boutons » : distinguez votre méthode de départ de votre objectif à long terme.
D'abord, la méthode : commencez par ce qu'ils préfèrent ! Mon parcours n'a vraiment commencé que lorsque j'ai laissé de côté les mots « utiles » au départ. J'essayais d'apprendre « Dehors » à un chiot pendant un mois d'avril glacial, et elle n'y montrait aucun intérêt. Dès que je suis passée à ses obsessions (« Kong », « Jouer » et « Caresses »), elle a compris le principe des boutons. Il faut d'abord leur donner une raison très motivante de parler.
Ensuite, l'objectif : vous n'êtes pas obligé de viser plus de 100 boutons ! Une fois que vous avez utilisé ce qu'ils préfèrent pour leur apprendre le fonctionnement des boutons, vous pouvez définir votre propre réussite. C'est là que vous pouvez construire un vocabulaire adapté. Peut-être voulez-vous simplement « Dehors » et « Eau » pour le côté pratique. Peut-être que votre apprenant adore jouer et que vous voulez lui donner la possibilité de choisir comment il joue. Ou peut-être que votre apprenant a un problème de santé et que vous voulez lui donner un moyen de dire où il a mal.
La réussite ne se mesure pas au nombre de mots. Il s'agit d'ouvrir une nouvelle voie de communication.




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